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Escobar du Sahara : le procès en appel s’ouvre mercredi

Par Lesinfos -le

Escobar du Sahara : le procès en appel s’ouvre mercredi
Après les lourdes condamnations prononcées en première instance, l’affaire dite de « l’Escobar du Sahara » entre dans une nouvelle phase. La Cour d’appel de Casablanca examinera, à partir de mercredi, un dossier tentaculaire mêlant trafic international de drogue, blanchiment de capitaux et crimes financiers.

L’un des plus importants dossiers judiciaires de ces dernières années revient devant la justice. La Chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Casablanca ouvrira, mercredi matin, l’examen de l’affaire dite de « l’Escobar du Sahara », dans laquelle figurent notamment l’ancien président du Wydad de Casablanca, Saïd Naciri, et l’ex-président de la région de l’Oriental, Abdenbi Bioui.

 

Transmis à la juridiction d’appel le 29 juillet, le dossier sera appelé à l’audience à partir de 9 heures devant la première Chambre criminelle d’appel. Cette première séance devrait toutefois être essentiellement procédurale. Selon plusieurs sources judiciaires, un renvoi est envisagé afin de permettre aux différentes parties de préparer leurs moyens de défense. La poursuite du mouvement de grève d’une partie des avocats ainsi que la période des vacances judiciaires pourraient également conduire la Cour à accorder un délai supplémentaire avant l’ouverture des débats sur le fond.

 

Des peines particulièrement lourdes en première instance

 

L’ouverture de la procédure d’appel intervient après un jugement particulièrement sévère rendu par la Chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers, à l’issue de plusieurs mois d’audiences marquées par des expertises, des auditions d’accusés et de témoins ainsi que de longues plaidoiries.

 

Le tribunal avait prononcé l’acquittement de Nasreddine Btabid, faute d’éléments suffisants pour établir les faits qui lui étaient reprochés. En revanche, les autres prévenus avaient écopé de lourdes peines de prison assorties d’importantes sanctions financières.

 

Abdenbi Bioui avait été condamné à douze ans de réclusion criminelle et à une amende de 150.000 dirhams, la peine la plus lourde du dossier. Saïd Naciri et Belkacem Mir avaient, pour leur part, été condamnés à dix ans de prison ferme, tandis qu’Abderrahim Bioui, Larbi Taybi et Ismaïl El Maâlem avaient écopé de neuf ans d’emprisonnement. Les autres condamnations prononcées variaient entre deux et huit ans de prison, selon le degré d’implication retenu par la juridiction.

 

Confiscations et sanctions financières

 

Le jugement ne s’est pas limité aux peines privatives de liberté. La juridiction avait également ordonné la confiscation de plusieurs avoirs financiers, notamment 10 millions de dirhams appartenant à Abdenbi Bioui, 8 millions de dirhams à Abderrahim Bioui et 6 millions de dirhams à Saïd Naciri, en plus d’autres sommes saisies auprès de plusieurs condamnés. Les documents falsifiés versés au dossier avaient également été ordonnés à la destruction.

 

Le volet douanier s’est traduit par d’importantes condamnations financières au profit de l’Administration des douanes et impôts indirects. Les réparations, liées aux quantités de résine de cannabis retenues dans le dossier, atteignent, dans certains cas, plusieurs milliards de dirhams, les condamnations étant prononcées solidairement entre plusieurs accusés.

 

La décision de première instance comportait également des sanctions liées aux infractions à la réglementation des changes, aux transferts illicites de devises ainsi qu’à certaines opérations portant sur le commerce de l’or, avec des confiscations et des indemnisations au profit du Trésor et de l’Administration des douanes.

 

Une nouvelle étape judiciaire

 

Sur le volet civil, le tribunal avait pris acte du désistement de certains plaignants, accordé des indemnisations à plusieurs parties civiles et déclaré irrecevables d’autres demandes.

 

L’ouverture du procès en appel ouvre désormais un nouveau chapitre dans cette affaire tentaculaire, considérée comme l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles examinés ces dernières années au Maroc. Les prochaines audiences seront déterminantes pour réexaminer les condamnations prononcées en première instance et les nombreux volets d’un dossier mêlant trafic international de drogue, blanchiment de capitaux et criminalité financière.


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